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Reflexions sur l'actualité politique Française. UA-37856833-1

Publié le par Jipp
Publié dans : #baudruche politocard menteur
L’homme qui croit à ses mensonges.

Yves de Kerdrel

Sauve qui peut. L’intervention télévisée du président de la République a révélé un homme incapable de regarder la vérité en face et tétanisé par l’aile gauche de son parti.

Jeudi 28 mars, François Hollande avait rendez-vous avec les Français.

Tout avait été organisé de manière pointilleuse par l’Élysée pour solenniser autant que possible cette intervention.

Son nouveau conseiller en communication, l’ancien journaliste Claude Sérillon, avait lui-même veillé à l’élaboration du plateau conçu spécialement pour cette émission. Un plateau froid et sinistre qui n’a pas permis au président de la République de renouer avec son image d’homme “rond” et “rassembleur”.

Pour preuve : à peine 8 millions de téléspectateurs ont suivi cette intervention de bout en bout. Ce qui correspond à une part d’audience de 29,1 %. Un score très éloigné de tous ceux qu’avait pu connaître Nicolas Sarkozy à chaque fois qu’il prenait la parole.

Un score surtout très inférieur à celui de sa dernière intervention sur un plateau de télévision, au 20 heures de TF1, en septembre dernier. Il avait alors bénéficié d’une audience de 41,1 %. C’est dire à quel point ce rendez-vous a été manqué.

Sur la forme, François Hollande est apparu comme complètement désincarné. Comme s’il passait un grand oral face à un David Pujadas consciencieux dans l’acuité de ses questions. Des chiffres — souvent faux ! —, des postulats économiques — plus que contestables ! — et cette rengaine de la « boîte à outils ».

Comme si la France était une voiture cassée dans un vieux garage de sous-préfecture, aux mains de “monsieur bricolage”. Autant dire que ce président de la République, qui se veut tant “normal”, était ce soir-là surtout insipide, fade, inodore et sans saveur.

Sur le fond, le constat est plus terrible encore.

Comme nous le confiait lendemain un de ses anciens camarades de l’Ena : « Il y a deux hypothèses : ou François Hollande croit à ce qu’il dit, et alors c’est affligeant ; ou il n’y croit pas et, dans ce cas, il attend qu’une crise intervienne sur les marchés pour faire les réformes de structure que tous nos voisins ont déjà réalisées, et tordre enfin le bras de l’aile gauche du PS. » Avant d’ajouter, qu’à son avis, c’est malheureusement la première hypothèse la plus vraisemblable.

Même dans son propre entourage, certains de ses conseillers ont été stupéfiés d’entendre le président de la République déclarer : « La croissance, je ne l’attends pas, je la crée. » Alors que tous les chiffres qui remontent à l’Élysée font état d’une dégradation accélérée de l’investissement, de la consommation et de l’emploi. Quant à son engagement sur l’inversion de la courbe du chômage d’ici à la fin de l’année, il n’est pris au sérieux que par une petite minorité de Français. Puisqu’il faudrait que le pays affiche une croissance de 1,7 % pour voir les destructions d’emploi prendre fin.

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